Après le conservatoire, Sabine Azéma débute sur les planches dans des rôles de jeune première espiègle. Elle joue ensuite sur la scène de la Comédie des Champs-Elysées face à Louis de Funès dans La Valse des toréadors de Jean Anouilh, puis dans Le Sexe faible d’Edouard Bourdet sous la houlette de Jacques Charon et Le Zouave de Claude Rich sous la direction de Jean-Louis Thamin. Elle fait également ses premiers pas devant la caméra pour la télévision, puis pour le grand écran sous la direction de Georges Lautner dans On aura tout vu et de Claude Goretta dans La Dentellière, mais ne délaisse pas pour autant les feux de la rampe. Mais c'est sa rencontre avec Alain Resnais qui donne un tournant décisif à sa carrière cinématographique. Elle devient alors la muse du réalisateur qui offre à sa comédienne fétiche et virtuose des partitions magnifiques. Elle campe une institutrice au tempérament passionné dans La Vie est un roman avec notamment Fanny Ardant et André Dussollier, deux interprètes qu’elle retrouve en héroïne tragique dans L’Amour à mort où elle révèle une autre facette de son talent avec Pierre Arditi. Le quatuor se reforme à l’occasion de Mélo, adaptation d’une pièce de Bernstein qui lui vaut un César de la Meilleure Actrice en 1987. Dans Smoking / No Smoking écrit par le duo Bacri/Jaoui, elle passe du rire aux larmes et incarne ensuite la vive et énergique Odile dans On connaît la chanson récompensé par de nombreux Césars. Chantante dans Pas sur la bouche, elle est aussi vertueuse que légère dans Cœurs. Les Herbes folles avec André Dussollier et Emmanuelle Devos marquera la prochaine étape d’une collaboration complice et fructueuse entre Alain Resnais et Sabine Azéma. Comédienne éclectique, elle aborde parallèlement avec bonheur des univers très différents et décroche dès 1985 un premier César de la Meilleure Actrice dans Un dimanche à la campagne de Bertrand Tavernier qui la confrontera ensuite aux fantômes de la Grande Guerre dans La Vie et rien d’autre. Elle retrouvera d’ailleurs plus tard le monde des Poilus grâce à La Chambre des officiers de François Dupeyron. De La Puritaine de Jacques Doillon à Mon homme de Bertrand Blier, en passant par Les Cent et une nuits d’Agnès Varda où elle joue son propre rôle, elle montre son attachement au cinéma d’auteur. Dans Zone rouge de Robert Enrico et Noir comme le souvenir de Jean-Pierre Mocky, elle s’immisce avec brio dans le genre du thriller puis du film policier. Sa présence illumine également Cinq jours en juin de Michel Legrand et Trois années, drame de Fabrice Cazeneuve. Sabine Azéma gagne ses galons d’actrice populaire grâce à l’insolent Etienne Chatiliez qui la dirige en bourgeoise coincée dans Le Bonheur est dans le pré, puis en mère à bout de nerfs dans Tanguy campé par Eric Berger. Dans la bouche de cette actrice drôle qui affectionne le décalage et les rôles de composition, les répliques font mouche et la comédie occupe d’ailleurs une place privilégiée dans sa filmographie riche et éclectique: Le Schpountz qui marque ses retrouvailles avec Gérard Oury après Vanille fraise; La Bûche de Danièle Thompson ou encore Olé! de Florence Quentin. Son tempérament, son entrain et sa fantaisie inspirent également les réalisateurs de la nouvelle génération. Elle joue les vamps aux côtés de Rouletabille dans Le Mystère de la chambre jaune de Bruno Dodalydès et sa suite Le Parfum de la dame en noir d’après l’œuvre de Gaston Leroux; elle cède à toutes les tentations dans l’hédoniste Peindre ou faire l’amour d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu et retrouve les frères cinéastes pour un Voyage aux Pyrénées déjanté. Elle est également sollicitée par Noémie Lvovsky pour Faut que ça danse!. Réalisatrice de Quand le chat sourit pour la télévision et Bonjour, Monsieur Doisneau ou le photographe arrosé, Sabine Azéma revient au théâtre en 1999 dans Home and Garden d’Alan Ayckbourn, mais, grâce à elle, cinéma rime parfois avec délire mais toujours avec plaisir.

Premier prix de Conservatoire, André Dussollier entre à la Comédie Française et fait ses débuts à l’écran sous la direction de François Truffaut dans Une belle fille comme moi. Il tourne ensuite avec les autres réalisateurs de la Nouvelle Vague comme Eric Rohmer, Jacques Rivette ou encore Claude Chabrol. En 1983, avec L’Amour à mort, commence la fructueuse collaboration entre André Dussollier et Alain Resnais. Avec Trois hommes et un couffin, Coline Serreau lui offre un énorme succès populaire. Il obtient en 1993 le César du Meilleur second rôle pour Un coeur en hiver de Claude Sautet. André Dussollier connaît ensuite plusieurs grands succès qui feront de lui l’un des comédiens les plus sollicités de sa génération. Il obtient en 1997 le César du Meilleur Acteur pour On connaît la chanson de Alain Resnais. Sa contribution au Fabuleux destin d’Amélie Poulain (2001) de Jean-Pierre Jeunet en tant que narrateur est elle aussi très remarquée. La place centrale d’André Dussollier sur l’échiquier du cinéma français se confirme dans les années 2000 : Tais-toi de Francis Veber (2003) ; Tanguy (2001) de Etienne Chatiliez, 36, quai des orfèvres (2004) de Olivier Marchal. Le drame de François Dupeyron, La Chambre des officiers lui vaut un nouveau César du Meilleur second rôle masculin en 2002. Formidable acteur de composition, il alterne les genres (Mon petit doigt m’a dit de Pascal Thomas (2005) ; Un ticket pour l’espace de Eric Lartigau (2006) ; Coeurs de Alain Resnais (2006) ; Ma place au soleil de Eric Montalier (2007). En 2006, il est à l’affiche du thriller de Guillaume Canet : Ne le dis à personne dans lequel il intérprète Jacques Laurentin, personnage clé du film. André Dussollier tourne la même année la nouvelle comédie de Sam Karmann : La Vérité ou presque. Sous les feux de la rampe, André Dussollier sert magnifiquement des auteurs d’horizons très variés : Jean-Claude Carrière (L’Aide mémoire), Harold Pinter (Trahisons), Anton Tchekhov (La Mouette), Arthur Schnitzler (Le Chemin solitaire), ou encore Ingmar Bergman (Scènes de la vie conjugale) et Edward Albee (La Chèvre ou qui est Sylvia ?). Il excelle également seul en scène dans Monstres sacrés, sacrés monstres sans oublier Les Athlètes dans leur tête, partition composée par Paul Fournel.